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Jn Mohab

"Le monde ne vous doit rien, dans sa grande générosité il vous a déjà fait don de tout, soit le tyrannique privilège de le contextualiser. Vivre c’est donc, entrer dans une cour d’Empereurs maladroits."

L’Empire des signes.

 parole

Petite histoire :

Je garde beaucoup de souvenirs de ma très petite enfance. Certains vibrent de mon innocence niaise de l´époque, d´autres, avec l’âge, sont devenus source de méditations.

Dans l´épisode qui retient notre intérêt en ce jour, j´avais quatre ans. On venait tout juste d´emménager dans une nouvelle maison. Et pour mon plus grand plaisir, le compagnonnage de jeu, qui jusqu´à présent se limitait à ma petite sœur âgée de trois ans, s´enrichissait de la présence de trois bambins du voisinage dans la même fourchette d’âge que nous.

Et ce fut une période merveilleuse! La cours du petit complexe d´appartements ne manqua de résonner de nos rires, d´être tambourinées de nos petites foulées énergiques alors que l´on jouait à lago, lago/délit, police-voleur*. Cela, sous le regard attentif des adultes, qui, au comble de nos courses, nous promettaient sadiquement une bonne « citronnerie** » des inévitables futurs bobos.

Cette belle bulle d´innocents jeux dura… Dura le temps qu´il fallut…

Or, un jour, alors que l´on se donnait consignes pour quelques jeux, l´outrage se mêla de la partie. Un des bambins, écœuré, quittait la partie, et criait scandale. Selon lui, ma petite sœur aurait commis le terrible sacrilège d´injurier sa mère. Soit notre traditionnel: « Colon guette….»

Si cela était vrai, quelle noire et géniale inspiration aurait alors transi ma sœurette!

Pour avoir une bonne compréhension de l´impossibilité de la chose, du haut de mes quatre piges, au zénith de mes colères d´enfant, mon arsenal se limitait alors à : Frekan***. Aussi, surprenant serait la richesse de son verbe, elle qui venait tout juste de franchir les frontières du balbutiement pour enfin toucher le royaume de la parole.

Mais bon, lorsque la nouvelle tomba à l´oreille de ma mère, elle réfléchit en son cœur, considéra qu´elle était en Haïti et mis une raclée exemplaire à ma sœur. L´interdiction de jouer avec eux fut le dernier tribut que nous payâmes pour clore officiellement l´affaire.

Quelques année plus tard, à l´école primaire, ce lieu où l´on échange de tout, cette fameuse insulte revint à l´ordre du jour. Soufflet suprême, son occurrence marquait le début de bien des  bagarres.  Et plus que sous sa forme vocalisé, je constatai que ces attaques se faisaient de préférence sous sa forme abrégé : le doigt d´honneur.

Alors pensant à notre précédente affaire, malgré les ans toujours présente dans les limbes de ma mémoire; je découvrais que peut-être quelques année plus tôt, ma sœur avait vraisemblablement  provoqué cette grande réaction en utilisant avec candeur et bon droit un appendice de son corps qui jusqu´alors n´était que le « majeur »,  et n´avait nulles raisons d´être plus que cela.

Elle avait pâtit de l´empire des signes.

Étude des signes

Alors les signes c´est quoi?

On en trouvera diverses nuances de  définition, que ce soit dans le Larousse, le Robert, autres dictionnaires ou encore sur internet. Mais de mon avis, la définition la plus consistante est :

« Signe : Ce que l’on utilise communément pour représenter ou déduire, »

Cette définition a le mérite d´englober « Signe » en tant que : Symptôme, indice, particularité; autant qu´il satisfait la conception de signe comme procédé de communication.

Par la suite on distingue deux facettes très intéressants aux signes :  le signifiant, le signifié.

  • Le signifiant est ce dont on se sert pour représenter et déduire; ou le tangible (graphie, manifestation etc)

Soit « T »: graphie d`un segment horizontal surmontant un segment vertical.

  • Le signifié est ce qui est véhiculé par le signe, ou l´idée

Soit dans le cas de « T »: l`idée de majuscule, et le son « té »

Petit exercice

Phase 1

Maintenant, mettons de côté tout le bagage culturel que nous avons hérité du fil des siècles et prenons le temps d´observer ces graphies avec candeur  « I »,  « U », « O ».

Donc… Un… deux… trois…  et quatre!

Comment pourrait-on interpréter « I »,  « U », « O » ?

À ce point, Je suis prêts à parier que plusieurs d´entre vous n´y voient que « IUO » prononcé mentalement « ee-ou-oh » « ay-you-oh » ou « ee-u-oh, »

Or :

i

 Pris indépendamment pourrait être vu comme :

·         Un segment

·         Une verticale

·         Comme un « i » majuscule

·         Comme un « L » minuscule

·         Comme un « 1 »

·         Comme la représentation simplifie d´un immeuble

·         La touche noire d´un piano

·         Comme un pénis en érection dessiné manière Picasso

·         Etc.

u      Pris indépendamment pourrait être vu comme :

·         Un diapason

·         Un aimant

·         Comme un « u » majuscule

·         Comme un fer à cheval

·         Comme une gaine

·         Comme la représentation simplifié d´une coupe, d´un récipient

·         Comme un Tube en « U »

·         Comme une interprétation de l´art moderne du vagin

·         Etc.

o  Pris indépendamment pourrait être vu comme :

·         Un rond

·         Une bouche

·         Comme un « o » majuscule

·         Comme un anneau

·         Comme un  zéro

·         Comme la représentation abstraite de la continuité, l´ouroboros

·         Comme une lumière au bout d´un court tunnel

·         Comme l´élégante représentation d´un trou du cul

·         Etc.

Ainsi nous venons de nous rappeler : qu´a un signifiant on pourrait déduire divers concept.

Phase 2

Maintenant faisons le chemin inverse représentons un concept. Je choisi le concept « six »

6 Nous avons ici notre bon vieux « six »dérivé de l´arabe.
6-lat La du latin nous avons « sex », O_o c´est une valeur bien lubrique!
i Ici de l´hébreu nous avons : « vav »  Et surprise notre vertical revient nous faire coucou!
6-kanj Ici l´idéogramme chinois prononcée :   

« Liù » en chinois

« Roku » en japonais

Et la créativité humaine avec ses multiple langue et dialectes, codes particuliers  à sûrement d´autres façons tout aussi intéressante de représenter ce concept et là nous nous rappelons qu´à un signifié on pourrait greffer plusieurs graphies, indices.

Donc pour faire simple : Nous sommes rappelé que :

Le signifiant est indépendant  du signifié, et le signifié tout autant indépendant du signifiant.

Utiliser communément quelques choses pour représenter ou déduire, implique de manière implicite une convention. Cette convention est personnelle quand on est la seule, ou première personne à rencontrer un concept; elle est commune quand elle fruit de l´expérience d´un groupe.

 

Le privilège de la contextualisation

Évidemment, ce concept de la relativité des choses (beaucoup plus tangible que la relativité d`Einstein) est souvent désappris. Les institutions sociaux comme, la famille, l`école, la religion ont toujours décrits le monde de manière figée à travers des conventions-lois posées comme indiscutables.

Or comprenant que toute idée est traduisible par n`importe quoi et que n`importe quoi est peut traduire une infinité d`idées,  il n`y pas de langage universel, pas de valeurs réelles. Les signes ne sont jamais la vérité qu`elle semble circonscrire et de ce fait n`estampent jamais le réel de cette qualité. Nous vivons dans un monde de concepts construits.

Donc, chers mathématiciens, j`ai bien peur que votre noble domaine malgré ses tentaculaires ramifications dans notre vie ne soit bien loin d`être le langage universel. Et aux Zélotes parangons de la foi, s`il faut réellement traquer le chiffre de la bête, ben, avec tous les graphies de six possible, tous les  règles numéral propre à ces graphies, il faut vous faire a l`idée que votre ennemie est l`écriture même.

En, fait les signes sont tout simplement la manifestation du plus terrible et merveilleux privilège  que possède l`humain en tant qu`être pensant : celui de contextualiser.

Voir une construction, une édifice  comme satanique,

 burj-khalifa-tour-dubai Burj Dubai

Plus haut immeuble du monde, vu par certain comme la nouvelle tour de Babel un modèle d`architecture satanique.

Mes questions :

Croit-on encore en cet âge à l´idée de toucher les cieux, alors que l`on a foulé la lune?

Est-ce qu´objectivement, par rapport aux contraintes de cette construction, on pourrait produire une autre structure celle observée?

Voir un signe comme  maléfique

 1506145796 Les représentation du signe du diable dans les médias.

Ou sacré

symboles-religieux-1 Symbole de quelques courants religieux

 

Je porte a votre attention le Jainisme, c`est un courant religieux vieux de 3000.

Tout cela n`indique que votre fardeau culturel et en dit plus sur vous, votre façon d`aborder le monde, que sur ce qui serait la nature intrinsèque de la chose observée. D`ailleurs cette nature nous échappe toujours, il est modestie de l`accepter. Je vous recommanderais  en ce sens de vous intéresser aux termes apophénie et paréidolie, ils pourraient nuancer bien de vos conclusions.

 croix Différentes formes de croix.

 

Notez la croix a la 3e colonne 3e ligne

C`est la croix de St Pierre, qui a choisi de se faire crucifier la tête en bas car il se sentait indigne d´être crucifier comme Jésus.

Ce qui ironiquement est devenue à coup de film d`horreur le signe conventionnel de la manifestation satanique.

 croix-gamme Enfin la graphie de la croix gammée à travers les cultures du globe.

Les Nazi n`ont rien inventé. Ils n`ont fait que donner contexte à quelque chose qui existait déjà.

« Tant chez les Grecs que chez les Hindous, la croix gammée, dont le véritable nom est Svastika (en sanskrit), désigne un signe de bon augure ou l’expression de bonne chance. C’est donc un symbole à valeur positive, dans la majorité des cultures. Les idéogrammes chinois en forme de croix gammée (barres en S) ou de croix gammée inversée (barres en S inversé) désignent respectivement l’éternité (dix milles, c’est-à-dire beaucoup) et le « Coeur de Bouddha« . Le svastika inversé est d’ailleurs utilisé sur les cartes pour repérer l’emplacement des temples bouddhiques. »

 

Enfin ami lecteur, je vous convie à voir dans tous les signes que nous avons pu croiser, les témoins de la puissante capacité d`abstraction de l`esprit humaine.  Et cet état d`esprit est moins anodin qu`il ne parait… Cette généreuse pensée, désarmant l`empire des signes, permet d`embrasser pleinement le génie humain.

Vivre se transforme en une magnifique expérience. Et le monde immense et complexe, se dévoile tel une dynamique œuvre de beauté…

Dans un tel monde, ma sœur ne se fait pas rosser pour son doigt.

Dans un tel monde cet exercice de calligraphie:

jean-mohab

 

Non comme un  éloge tordue au « 666 » ,serait perçu pour ce qu’il est: soit la recherche, par d’harmonieuse courbes, d’estampiller de beau une idée qui me plaît. Un exercice souverain de beauté.

Oui, dans un tel monde au lieu de soupçonner perversions, et par notre psychose devenir censeur de la créativité d`un frère, nous accueillerons sa générosité, sa sensibilité et la brillante originalité de sa vision. Nous lui donnerons la permission de briller de sa merveilleuse personnalité, et surtout nous nous ferons de la place pour briller de notre lumière.

 

Lexique:

*   Lago, lago/délit, police-voleur: Ensemble de jeux d`enfants où l`on se cours après.

**  Citronnerie: néologisme le fait de nettoyer les plaies au citrons, ça pique plus que l`alcool

 

**   Frekan :Impertinent en créole haitien.

Ecrivain

parole

Écrivain…

Écrire en vain…

Écrire par vanité…

Écrire car l’on se croit vain…

Écrire débridée par le vin…

Écrire pour rendre vains les contraintes de la réalité…

Oui, dans le français, peu de mots décrivent avec une si précise ironie ce qu’il de désigne.

Trois syllabes vibrant de l’angoisse de celui qui prend la plume pour épée. Celui qui par sa quête, même se proclame comme fou, se met en marge de grand dynamisme de la société dont des frasques il devient le fantasque comptable…

Que d’efforts, pour le rêve extravagant d’émuler par le verbe un écho à l’essence véritable du monde! Quel fol orgueil que celui de deviner l`histoire pivot qui change la narration de son temps! Ainsi masochistement peaufine-t-il son verbe, colle les mots, avec cette rafraichissante maladresse propre aux premiers pas…

Et bravant le ridicule, infatigable, approchant mieux l’idée de la perfection : il continue… Jusqu’au miracle, où au terme cents ébauches, après avoir épuisé des milliers de mots, il porte à notre mémoire ce coup de maitre qui terrasse nos conceptions de sorte que notre esprit exsangue du venin du passé embrasse avec vigueur le miracle de l’avenir…

 

Et ma parole fut…

parole

Le manque d’intimité, de retenue, dit-on est, l’un des travers de notre génération. Facebook, Twitter, Youtube; sont autant de plates-formes où s’étalent nos vies, nos frasques; où nous comptabilisons en exhibitionnistes forcenés, nos faits et gestes. Aussi ai-je beaucoup hésité avant d’écrire ces quelques mots. Cela dans le but de trouver une formule satisfaisante, le juste milieu.

Ce fut un intéressant moment d’introspection, où le concept « du droit proclamer librement mon individualité » était mis en parallèle avec mon « devoir envers moi-même de protéger cet individualité ».

Face à ce dilemme, toi cher visiteur comme moi, sommes toujours tentés de nous réfugier dans le silence. Ce n’est pas pour rien que l’on dit qu’il est dorée.

Cependant, cet asile autant commode qu’il semble être dans les premiers instant, se renforce par habitude pour devenir un carcan. Ainsi nous gardons silence pour tout, par précaution, pour éviter l’attention, et éviter de paraître con… Nous apprenons a initier des hourvaris verbaux, à taire cette parole qui naît en nous, à ignorer ces questions qui brûlent nos lèvres… Entretemps les mots retenus par le truchement de ce barrage s’accumulent…

Or les mots sont puissants. Nous portons tous en mémoire les stigmates d’une injure et gardons précieusement en nos cœurs : ces merveilleuses amitiés qui ont fleuri avec un bon mot ; ces « je t’aime »…

Tel est le terrible empire des mots, par lequel tout : commence, prend forme et d’une certaine façon se meut… Et entravés, les mots ont au moins le pouvoir de nous étouffer.

Ainsi, il me paraît sain de communiquer et cela avec la plus grande franchise que possible. Et cette quête en vue; dans l’espoir de mieux converser avec toi curieux visiteur , je dépose quelques uns de mes masques; je te convie à observer à travers cette fenêtre ouverte : mes pensées, avec ce qu’elles ont de franches intuitions, leur biais…

Plus encore, je souhaite que de nos esprits qui se croisent, jaillira une certaine lumière.

Sur ces mots, je vous dis : Bienvenue !

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